Coron, 6 mois coincé sur l'île : Les heureuses surprises du confinement

Dernière mise à jour : août 19


Préambulement


Palawan, combien de rêves et de fantasmes renferme à lui seul le nom de cette l'île ?

Les 2'000 îles+ de l'archipel sont un mythe qui mit le feu à tant d'imaginations d'explorateurs. Et je l'avoue, à la mienne aussi.


🎥 Coron-Busuanga en 2020, comme si vous y étiez ...


Mon confinement m'a collé tout au nord de la province, dans l'archipel Calamian, plus précisément dans mon Lodge sur l'île de Busuanga. 🗺️ Voici la carte des îles Calamian.



Metro Manila to be placed on lockdown : le 12 mars 2020, une époque où ce n'était pas un truc banal


Le drame qui s'est joué le 12 mars, en vérité le 13 au matin a bouleversé bien des vies, il a également donné lieu à des situations improbables, voire totalement ubuesques… et mis en lumière des héros-voyageurs ordinaires.


Ici, la capitale, Manille, a été brutalement confinée alors que le lodge à Busuanga était complet, soit 8 clients (note : le Lodge n'a que 4 chambres); du coup le casse-tête consistait à pouvoir leur faire quitter l'île et prendre un des derniers vols disponibles pour les déposer dans un aéroport international encore ouvert (Cebu ou Clark), car la partie domestique de l’aéroport de Manille avait fermé ! Une histoire complètement dingue, digne d'un thriller Netflix.


Le terminal de l'aéroport de Busuanga, le jour du Lockdown 17.03.2020

📷 Souvenez-vous, le 12 mars 2020 l'annonce du "lockdown" de Metro Manille et de son aéroport avait fait l'effet d'une bombe. En plus des conditions parfois compliquées pour prendre un vol et quitter l'île, les prix des derniers billets d’avion ont pu être excessivement élevés. Pourtant, la "petite" compagnie Skyjet a déployé toute son énergie ( la compagnie Nationale n'a pas tardé à plier bagage) pour opérer des vols spéciaux vers Clark, le dernier aéroport à avoir fermé.

Au départ, ils étaient 20. À la fin, il n’en restera que 1 !" Les fans de Koh Lanta auront reconnu la célèbre phrase lancée, par l’inoxydable Denis Brogniart. Eh bien, c’est ce que j'aurais pu dire aussi, et plus précisément : " Au 12 mars 2020, on était 9 Occidentaux au Lodge. À la fin, il n’en restera que 1 ! ". Nos 8 derniers voyageurs ont, en effet, bien regagné la "terre ferme", sauf 1 ... quant à moi, j'ai attendu de voir le dernier embarquer pour m'organier ... trop tard (soupir), mon propre rapatriement.


Avions, bateaux annulés, je n’avais plus aucune possibilité de rentrer à Manille avant des mois au plus tôt. Mon passeport était resté à Cebu à l'autre bout de l'archipel. De l’extérieur, ma situation pourrait paraître plutôt critique. Pourtant, j'ai vécu l'une des expériences les plus enrichissantes de ma vie !


La positive attitude


Maria, transporte un sac de riz au lodge Himulak à Palawan

📷 Perdues au milieu de la mer de Chine, à 150 km des côtes, les îles Calamian n'ont plus été reliées au reste du monde pendant presque 2 mois. Le riz est bien sûr la première préoccupation des Philippins, j'ai donc fini par faire comme tout le monde ici et quitte à assurer l'intendance, le sac de 50 kg c'est vite imposé comme provision.


L'île de North Cay à Busuanga en septembre 2020

📷 La plus grosse ressource de la ville de Coron, le tourisme, a subi évidemment un coup d’arrêt terrible. Les hôtels se sont fermés les uns après les autres, et comme partout aux Philippines il n'y a pas d'indemnité de chômage, c'était donc le grand "sauve qui peut" pour la majorité des employés du secteur. Dans ces paysages de rêves (Photo : île de North Cay 2020), est restée volontairement ou pas un peu plus d'une centaine de touristes (et expats) qui n’ont pas pu regagner leurs pays.


Enfants, douche quotidienne au puit sur l'île de Busuanga

📷 Ça ne tient pas à grand-chose le bonheur. Parfois à quelques litres d'eau et un bidon



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Tranche de vie autonome et locale


Cette tranche de vie inédite dans son ampleur, son impact et sa durée, m'a permis d'oublier mon agenda, l'écran du smatphone ... pour m'impliquer vraiment dans la vie simple de tous les jours du hameau de Malbato. De vivre en quasi-autonomie avec une population qui n'a pas grand-chose, si ce n'est une incroyable capacité à fabriquer de l’optimisme.



Horreur, malheur, quatre cas de coronavirus ont été signalés


La région était épargnée par la pandémie de coronavirus pendant des mois. La chance ? l'isolement ? Le manque de tests ? Mais, courant août l'archipel rentre à son tour dans le rang des régions touchées par le virus.


Difficile de trouver le bon moment pour quitter l'île, principalement pour récupérer mon passeport resté à Mactan-Cebu. En septembre, une possibilité se profile à l'horizon, celle d'embarquer sur un ferry 2Go pour Manille et si tout se passe bien, quarantaine(s) ou pas de poursuivre mon voyage vers l'aéroport de Cebu. Chance ? Sourires ? Bla bla bla ? Quelques jours plus tard, un taxi me dépose au Barangay Punta Engaño sur l'île de Mactan.



Respecter et s'accoutumer aux problématiques locales


6 mois "confiné" (le mot est surexploité, mais je ne sais pas trop comment dire autrement) … Et là, j’ai découvert d’autres facettes de ce lieu unique. J’ai réalisé les bienfaits du luxe de la simplicité et j’ai très vite compris qu’il devrait jouer un bien plus grand et un bien plus beau dans mes voyages … Les expériences d'une vie coupée du monde que j’ai faites dans les îles Calamian sont celles qui non seulement me guident aujourd’hui vers un style de vie plus local, mais aussi, et surtout celles qui donnent tout simplement un sens ma vie.


Et vous, coincé 6 mois sur une île en mer de Chine que pensez-vous ? 🤔

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