Himulak Lodge à Coron : Splendeur, fermeture et fin d'un mythe tropical
- La Rédaction

- 5 janv.
- 3 min de lecture

📸 Que la lumière soit… Et le soir venu, la lumière fut au lodge Himulak
C’est dans un micro-lodge inspiré des Bahay Kubo philippins — un style traditionnel un temps snobé par les voyagistes d'aventure européens — qu'est né en 2017 le Himulak Lodge. Planqué à Malbato, à une joviale vingtaine de kilomètres de Coron Town, le projet avait tout d'un pari fou. Si le mythe est encore bien vivant aujourd'hui, cette folie d'une base d'exploration loin des spots qui font le buzz ne dura que trois saisons, brutalement stoppée par la tempête du Covid-19.
Ces quatre maisonnettes retapées, qui ont littéralement inventé le concept de « chic-local-rustique », cachaient deux atouts majeurs :
Des débarcadères exclusifs, offrant le privilège rare d'atteindre des îles totalement inconnues des opérateurs de Coron.
Une équipe un peu folle de vrais locaux, incluant des natifs de la tribu Tagbanua, dont l'accueil et le savoir ont transformé ce bout de bout du monde en une véritable légende.
Puis, le monde s'est arrêté.

📸 En matière de couchage, il faudra se répartir la coquette chambre du bas et les trois suites bungalows dans le jardin.
Le grand surplace : 7 mois de huis clos tropical
Quand le rideau de fer du confinement est tombé, le paradis s'est transformé en cage dorée. Je me suis retrouvé bloqué sur place pendant 7 mois. Sept mois de silence, face à la mer, à regarder la jungle reprendre ses droits et le climat tropical faire son œuvre destructrice. Car sous ces latitudes, deux ans de lockdown total ne pardonnent pas : l'humidité et le sel ont tout rongé.
Au moment d'envisager la réouverture post-Covid, le constat est sans appel : tout l'équipement est mort.

📸 Et que dire de sa mythique terrasse… Émerveillement garanti.
La montagne invisible : Ce qu'il aurait fallu faire
Face aux décombres laissés par l'inactivité et le climat, j'ai posé le pour et le contre. J'ai mesuré la hauteur de la falaise. Pour redonner vie au Himulak Lodge, la tâche m'est apparue comme un montage financier, humain et logistique colossal. Il aurait fallu :
S'attaquer à un processus de permis ultra-complexe, une bureaucratie tentaculaire et épuisante.
Remettre à flot les bangkas (les bateaux traditionnels) laissés à l'abandon.
Reconstruire une équipe en or en partant de zéro.
Remettre quasi à neuf les structures en bambou et commander à nouveau la literie artisanale en banig.
Renégocier l'accès auprès des communautés pour ces îles secrètes qui ne figurent sur aucune carte touristique.

📸 L'après-Covid dans la baie de Malbato - Himulak : Malheureusement, la lampe du "génie des lieux" n'éclaire que le chemin parcouru…
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Une page tournée à tout jamais
Devant cette liste infinie, la marche était simplement trop haute. Ce chantier herculéen, je ne m'y suis finalement pas attaqué. Le lodge n'a jamais rouvert ses portes.
Le Himulak Lodge est désormais fermé à tout jamais. Mais si les quatre maisonnettes de Malbato dorment définitivement sous la végétation, l'esprit d'exploration, le respect de la culture Tagbanua et les souvenirs de ces trois saisons magiques, eux, restent gravés dans l'histoire de Coron. Une magnifique aventure qui s'est arrêtée au bon moment, laissant le mythe intact.
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