Typhon Rai/Odette : 24 heures apocalyptiques aux Philippines
- La Rédaction

- 18 déc. 2021
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 juin
Tout a basculé dans la nuit du 16 décembre 2021. Le paysage est aujourd'hui méconnaissable. Après le passage dévastateur du super-typhon Rai (Odette), qui a littéralement broyé une partie des Visayas et le nord de Mindanao, le choc laisse place à une douloureuse réalité. Pour les locaux, les touristes, et pour moi-même, le réveil est brutal. Coincé au 4e étage d'un condo à Mactan, j'ai vécu ces heures d'angoisse face à des rafales à plus de 200 km/h, la porte d'entrée totalement bloquée par la pression gigantesque de la tempête. Au lendemain de cette nuit noire, l’urgence s'impose désormais comme une question de survie : trouver un toit pour ceux qui ont tout perdu, et dénicher de l’eau potable, de la nourriture et des abris sanitaires pour presque tous. Le bilan provisoire de la police nationale (PNP) s'élève déjà à 375 morts, et chaque heure qui passe alourdit le poids de cette tragédie.
Derrière les chiffres, les très nombreux feedbacks alarmants, sans parler des différents rapports officiels qui sortent jour après jour, c'est le tissu social de tout un archipel qui est meurtri. Ce ne sont pas de simples lignes ultra-pessimistes dans un journal, ni l'histoire lointaine d'une maison soufflée ou d'un commerce en ruines. Porté par ma mission pour les Philippines, je continue de documenter ce désastre depuis Cebu, presque coupé du monde, sans connexion internet, à la lueur des générateurs. Parce qu'au bout de chaque objectif, derrière chaque fait divers, il y a des visages, des regards dignes mais brisés, et de profonds drames humains qui méritent d'être racontés.
Mon nom est Odette, mais on m'appelle super-typhon Rai !
🎬 Deux semaines après le passage destructeur du super-typhon Rai, OuiPhilippines partage ce document vidéo unique, façonné au plus près des habitants sur l'île de Mactan-Cebu. Loin du sensationnalisme et des images purement spectaculaires, ce témoignage mise sur la pudeur et l’authenticité : une musique singulière interprétée sur place par Jay, des prises de son originales capturées dans le chaos, et des regards qui racontent, mieux que de longs discours, le quotidien d'une population face à l'épreuve.
Être sur place, constater de mes propres yeux, témoigner et donner à voir la réalité
📢 ICI : faire défiler la page vers le bas pour suivre l'évolution de la situation, alimentée par les propres images de la rédaction sur place sur l'île de Cebu aux Philippines.

📸 Jeudi 16 décembre 2021, 19 h : Le calme avant la tempête. Quelques secondes à peine après ce cliché, Rai plongeait le quartier, la ville et toute la province de Cebu dans le noir complet. Et le chaos commença.

📸 Vendredi 17 décembre : Le réveil est un choc au Dusit Thani Mactan. La réception de l'hôtel est entièrement dévastée par des vents d'une violence inouïe. En touchant terre sur l'île, Rai – baptisé Odette par les locaux – a déjoué toutes les trajectoires habituelles en s'intensifiant pour se hisser au rang de super-typhon, atteignant l'équivalent d'un ouragan de catégorie 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson. Le paradis a laissé place au chaos.

📸 AmiSa Private Residences : Le passage de Rai a prouvé que face à un monstre de cette catégorie, personne n'est à l'abri. Même des complexes modernes et récents comme le Club-House d'AmiSa, conçus pour résister, ont été transpercés par la fureur du typhon, se transformant en de véritables pièges de verre et de béton.

📸 Punta Engaño, le jour d'après : C'est un réveil en état de choc pour les habitants. Devant eux, un paysage de désolation absolue : les maisons aux toits de tôles ont été littéralement décapitées, tandis que les arbres et les pylônes électriques jonchent le sol. Totalement coupés du monde, les réseaux de communication n'ont pas résisté à la fureur de Rai.

📸 "TOUT S’EST MIS À VOLER" – Le parking du complexe a été littéralement balayé. Preuve de la violence inouïe des éléments : des SUV de plus de deux tonnes ont été catapultés sur plus de 30 mètres, et plusieurs véhicules ont fini sur le toit. La nature s’est déchaînée avec une puissance apocalyptique à Punta Engaño.

📸 Punta Engaño Road, vendredi 17 décembre 2021 : Électricité coupée, routes totalement impraticables, arbres et débris jonchant le sol… Les habitants de Mactan découvrent avec stupeur l'ampleur du désastre. Le super-typhon Rai a tout balayé sur son passage, charriant des rafales destructrices à plus de 250 km/h.

📸 La vie au milieu des ruines. Le regard d'une petite fille face à l'objectif, debout devant ce qu'il reste de sa maison. À ses côtés, sa maman accroupie tente de maintenir un semblant de quotidien en faisant la vaisselle en plein air, dépendante des précieux bidons d'eau en plastique. Une image qui résume à elle seule la réalité de l'après-Rai : le dénuement total, mais une dignité et une résilience face à l'adversité qui forcent le respect.

📸 Samedi 18 décembre 2021 : L'irréel au cœur du désastre. C'est l'une des images les plus hallucinantes de l'après-Rai. Soulevé par la houle cyclonique et des vagues monstrueuses, un immense cargo de marchandises a terminé sa course au bout de la piscine du complexe Dusit Thani Mactan. Un contraste saisissant et terrifiant entre le luxe d'un resort et la force brute de l'océan déchaîné.

📸 Dimanche 19 décembre 2021 : La résilience au milieu du néant. Trois jours après le passage destructeur de Rai, le sitio Angasil à Mactan offre un visage de désolation, ses quartiers étant presque entièrement rasés. Au milieu des débris, une femme reste assise sous les quatre seules poutres encore debout de ce qui fut sa maison. Une image poignante qui illustre l’extraordinaire courage et la force tranquille des Philippins, debout face au chaos.

📸 Huit heures d’enfer à Mactan Newtown. Durant une nuit interminable, la fureur d'Odette s'est déchaînée sur ce quartier moderne. Des rafales continues à plus de 200 km/h ont littéralement éviscéré la façade du Savoy Hotel, faisant exploser les baies vitrées et soufflant les intérieurs des chambres. Au sol, un panneau de fortune résume à lui seul la nuit noire : "Odette's Fury".

📸 Lundi 20 décembre : Quatres jours après le passage d'Odette (Rai), la résilience des Philippins ? Tout simplement extraordinaire !

📸 Ce lundi, l'heure est à l'entraide. Le personnel du Mactan Newtown se mobilise pour aider, avec les moyens du bord. Un moyen de garder le moral et de conserver le sourire légendaire des Pinoy.

📸 Mardi 21 décembre : L’électricité est toujours hors service, affectant les stations de remplissage d’eau, d'essence et les distributeurs automatiques de billets.

📸 Cebu City et Mactan coupées du monde maritime. Il faudra des mois pour que les liaisons en mer et le transport de marchandises retrouvent un rythme normal. Pendant l'assaut du « monstrueux » super-typhon Rai, plus de 120 navires ont coulé ou se sont échoués dans la province. Poussé par la houle cyclonique, un cargo a littéralement été catapulté sur la terrasse du resto-bar Pink Floyd, au barangay Punta Engaño. Une vision de fin du monde.

📸 Typhon Rai - Odette, cette tempête est la plus violente à avoir touché l'archipel cette année.

📸 Mercredi 22 décembre : Dans les décombres de Cebu, capturer la dignité de ceux qui ont tout perdu sous l'objectif grand angle. Un moment poignant de vérité

📸 Y aura-t-il de l'eau pour Noël ? À quelques jours des fêtes, c’est la question à plusieurs dizaines de millions de gallons qui hante les survivants. Alors que les infrastructures sont à terre, l'accès à l'eau potable est devenu une quête obsessionnelle et vitale au milieu des ruines. Un Noël sous le signe de la survie.

📸 Jeudi 23 décembre : "On dirait qu'une bombe a explosé !" Vue de haut, du 19ᵉ étage de la tour Amisa à Mactan, on dirait presque une île en guerre.

📸 Vendredi 24 décembre : La foi plus forte que le chaos. Pour la première fois depuis la tempête, la messe de Noël est célébrée dans l’église meurtrie de la Sto. Niño de Cebu-Mactan Parish. Sous un plafond percé d’un trou béant laissant voir le ciel, la ferveur reste intacte. « L’important, c’est que nous soyons tous en sécurité », confie Joy, venue prier avec son fils. À Mactan, le plus beau cadeau de Noël est d'être en vie.

📸 Malou, une semaine après le passage du typhon, sourit à l’objectif, un éclat dans son regard, mais la nourriture manque toujours sur l'île traumatisée, et pour beaucoup, les files d'attente pour recevoir de l'aide alimentaire sont interminables.

📸 Dimanche 26 décembre : Au volant du Multicab, Piolo tente de se frayer un chemin au milieu d'une foule compacte sur la Punta Engaño en face du lieu de distribution des biens de secours.

📸 Qu’il s’agisse, encore, d’essence, de distributeur de billets ou, comme sur cette photo, d’emprunter un tracé agricole payant pour remplacer la route de Mactan Newtown à l’aéroport, la débrouille est aujourd’hui toujours au cœur du quotidien.

📸 Lundi 27 décembre : Quand le béton explose. Ils se pensaient pourtant à l'abri dans leurs structures modernes et solides. Mais face à la fureur de Rai, les murs n'ont pas suffi. Sur le littoral de Mactan, le célèbre Ibiza Beach Club a été purement et simplement rayé de la carte, emportant dans ce chaos trois employés du Mövenpick Hotel. Le rappel tragique qu'aucun abri n'était infaillible cette nuit-là.

📸 Black Nazarene à gauche, Santo Niño à droite, comme toujours aux Philippines, tous les saints patrons réunis au chevet des sinistrés de la supertempête.

📸 Mercredi 29 décembre : Deux semaines en enfer. Quatorze jours après le passage de Rai, les conditions sanitaires se durcissent sur l'île de Mactan. Dans les quartiers les plus denses, l'absence d'eau courante bascule de l'urgence temporaire à la crise permanente. Malgré la noria de camions-citernes des LGU, l'approvisionnement reste un combat. Même les grandes enseignes comme Rose Pharmacy affichent un message sans équivoque : « Walay Tubig » (Plus d'eau). Derrière le masque, le sourire persiste, mais le quotidien des familles avec de jeunes enfants est devenu une lutte pour la dignité : cuisiner, se laver ou simplement aller aux toilettes est un défi de chaque instant.
Un mois après le passage du typhon Rai, Mactan-Cebu est toujours, en grande partie, sans électricité

📸 13 janvier 2022 : La paralysie durable à Mactan-Buaya. Un mois après le passage dévastateur du typhon Rai, un chiffre circule sur toutes les lèvres : 70 % des habitants de Mactan sont toujours plongés dans le noir. Mais la réalité est encore plus sombre à la pompe. Avec la moitié des stations-service de l'île complètement détruites, s'approvisionner en carburant pour les générateurs ou les transports reste un parcours du combattant, comme ici à la station Shell de Buaya.
Typhon Rai : les secours d'urgence font place à l'aide aux sinistrés

📸 30 janvier 2022 : L'immense défi de l'aide financière à Lapu-Lapu City. Une file d'attente interminable sous les yeux des équipes du maire Junard "Ahong" Chan. Ce jour-là, ce sont près de 85 000 sinistrés touchés par le typhon Odette qui patientent pour recevoir l'aide d'urgence de 5 000 ₱ (environ 80 euros) par famille. Une logistique titanesque pour soulager une population à bout de souffle, un mois et demi après le cataclysme.
Modus operandi : Fidèle à mes principes éditoriaux, j'ai "vécu" et pris l’intégralité des photos (en vérité c'est des captures de vidéos) présentes sur cette page.
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